HARALD SZEEMANN

« Pourtant, même si chaque homme réagit différemment, il y a des observations plus générales. Les femmes sont beaucoup plus décontractées dans les PORTRAITS que les hommes. Enfin, déjà Beuys disait que l’avenir c’était elles. Autoportrait est totalement différent des autres PORTRAITS. On voit que cela lui a fait du mal d’être l’enregistreuse et l’enregistrée. Il y a une sorte de jeu-gêne qui contient un élément dramatique et qui fait penser à ce monodrame de Jean Cocteau, filmé par Roberto Rossellini avec Anna Magnani, La Voix humaine dans Amore (1948). C’est la plus jeune artiste de la Biennale, et c’est elle qui nous donne le plus d’autres . »

MÉRIAM KORICHI

« Le travail vidéo de Rebecca Bournigault, qui, depuis ses débuts, ne cesse d’approfondir le rapport à la fois captif et créateur de la solitude humaine au temps, ne consiste pas en captations, mais en expressions vives. La caméra de l’artiste ne se contente pas d’enregistrer, et par là de  figer la vie des sujets ; sa caméra et les images qu’elle produit sont un dispositif qui provoque la vie, la fait s’épanouir, s’étaler là maintenant, débusquée jusque dans sa pulsation la plus élémentaire, fragile et fondamentale. »

ANDREA LISSONI

« De ce qui actuellement vit et existe, que demeurera-t-il ? En traçant des signes et surtout en faisant ses portraits, Rebecca Bournigault pose cette question plus qu’elle n’y répond. Toutefois, la nébuleuse des sentiments et des comportements qu’elle filme et dessine n’est pas au dehors, extérieure et exclusivement visuelle. Cette nébuleuse, c’est nous. »

MASSIMILIANO BALDASSARRI

« Chez Rebecca Bournigault, le rapport à autrui est au centre du politique. Dans ses vidéos, elle met en place un dispositif pour capter un rapport construit avec l’autre, dans une relation à l’intime et à la représentation. Dans la vidéo Saliva par exemple, elle donne à voir la violence d’un rapport d’altérité entre trois personnages, dont l’un reçoit les crachats des deux autres au visage. Elle évoque ainsi avec puissance des rapports de domination et de soumission et inclut le regardeur dans cette machination. »

ANAÏD DEMIR

« Entre silences, hésitations, approximations et récits, l’individu se révèle, et ces portraits en pointillés sondent la nature humaine. »